dimanche 17 avril 2016

BATAVILLE

L'histoire de Bataville est passionnante, en 1931, Thomas Bata, le plus grand fabriquant de chaussures au monde, choisit un petit coin perdu de la campagne Mosellane pour implanter sa nouvelle usine.
Paternaliste convaincu et adepte du Fordisme, l'industriel Tchèque désire faire de ce site un laboratoire et y créer une cité ouvrière parfaite. C'est ainsi que nait Bataville, au milieu des forets de Moussey et de Réchicourt-le-Château, deux petits villages situés à 25 km de Sarrebourg.
BATAVILLE
L'usine
BATAVILLE
Début de Bataville






      
Pendant près de 70 ans, le canton ne vivra qu'à travers Bata. La société va gérer la vie entière des Batavillois, de la naissance jusqu'à leur mort. Dans cette ville nouvelle qui comptera jusqu'à 2000 habitants, tous les logements, les équipements, les services, les loisirs, les transports, les commerces, les écoles, les lieux de culte, les clubs sportifs... Appartiennent à la société. La frontière entre l'entreprise et la vie privée des salariés est pratiquement inexistante, les problèmes privés sont arbitrés et réglés par la société.
BATAVILLE
Commerces extérieurs
BATAVILLE
Complexe sportif






         
BATAVILLE
Epicerie
BATAVILLE
Église

BATAVILLE
Logements célibataires
BATAVILLE
Maisons pour les familles






                                                                                                
BATAVILLE
Atelier au travail
BATAVILLE
Cadre de vie






                                                                    







Quelques anecdotes sur le paternalisme:
L'apprenti qui faisait des bêtises le samedi soir en ville, était puni le lundi matin lorsqu'il arrivait à l'usine.
La femme adultère était sermonnée par son chef et parfois licenciée à cause de son comportement.
Les employés qui jouaient au foot avaient une promotion si ils marquaient des buts.
L'objectif de Bata est double:
Fournir aux employés de haut niveaux de services sur place afin de les lier à l'entreprise, éviter qu'ils aillent ailleurs chercher ce dont ils ont besoin.
Faire en sorte que les employés dépensent leur salaire dans les commerces locaux qui appartiennent tous à l'entreprise, du boucher au coiffeur en passant par l'épicier.
Cette totale imbrication entre entreprise et habitants employés fera de Bataville un modèle de Fordisme pendant des décennies, annihilant toute possibilité de conflit social.
BATAVILLE
Entrée du site
BATAVILLE
Portail






                 
BATAVILLE
Usine, partie des bâtiments
BATAVILLE
Autre vue sur les bâtiments







                                                                                    
BATAVILLE
Centre de formation
BATAVILLE
Centre de formation







        
BATAVILLE
Cabinet médical
BATAVILLE
Cantine






          
La direction du groupe, Basée aujourd'hui à Toronto, après plusieurs vagues de licenciements justifiés par un coût de production trop élevé par rapport à ceux de l'Asie du sud-est, décide en 2001 de cesser la production sur Bataville et licencie les 840 derniers salariés.
BATAVILLE
Atelier vide
BATAVILLE
La nature reprend ses droits






     
Sur ce désastre industriel, Jérôme Champion réalise en 2003 un film documentaire, pas un pas sans Bata. La volonté de continuer à vivre à Bataville a permis sur le site de faire vivre plusieurs entreprises, une entreprise indépendante de fabrication de bottes isothermes, une fabrique de carton, une société d'archivage et une société de conception de structures pour le monde du spectacle.
Le cadre de vie est agréable, aujourd'hui encore, Bataville n'a rien de ces cités industrielles austères. Les maisons à un étage ont des jardins plantés de troènes et de vieux chênes.
BATAVILLE
Avenue Thomas Bata
BATAVILLE
Un cadre idyllique






         
BATAVILLE
Vue aérienne cité et stade
BATAVILLE
Maison du gardien du stade






       

8 commentaires:

  1. Bonsoir cher Claude
    Oh quel plaisir tu me fais et je me permets de partager sur ma page Facebook ton bel article sur BATAVILLE, pas un pas sans BATA, car figure toi que j'y ai travaillé comme secrétaire de 1968 à 1971 (j'avais 17 ans quand j'ai commencé à bosser à BATA), mon papa y bossait aussi et ce fut mon premier travail très enrichissant et je m'y plaisais beaucoup, j'ai même eu l'occasion de faire la semaine du cuir à Paris avec deux autres collègues (mannequin des pieds ih ih ih !!!) j'ai eu l'occasion de rencontrer M. BATA, que de souvenirs pour moi, cela me fait chaud au coeur de revoir ce bel endroit, tes belles photos, bravo pour ton article superbement bien fait. Car en effet j'habitais à l'époque un petit village AUTREPIERRE (54) donc pas loin de MOUSSEY BATAVILLE et j'allais bosser en bus, que de souvenirs tu as remué en moi. En 1971 je suis allée m'installer à METZ et j'ai démissionné de BATA pour bosser ensuite à VERITAS bureau de contrôle technique. Pas un pas sans BATA j'ai l'impression de faire un bond en arrière de plus de 40 ans.
    Merci cher Claude pour ce superbe article chaud à mon coeur de Lorraine.
    Douce soirée et gros bisous d'amitié de mon ti rocher.

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    1. Je suis content d'être celui qui réveille tous ces souvenirs en toi, j'ai connu Bata sur le déclin et ça fait mal au cœur de voir tout ce gâchis, Monsieur Bata était un grand humaniste qui aimait ces ouvriers et c'est avec mon cœur de Lorrain que j'ai réalisé cet article. Merci à toi de partager cet article sur ton Facebook
      Amicalement
      Claude

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  2. Bonjour
    Il y a un soyeux qui a fait la même chose à une cinquantaine de km de Lyon. (jujurieux). Maintenant c'est une usine_musée !

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  3. Il fut un temps,
    Aujourd'hui ceux qui restes vivent dans le souvenir d'une utopie qui aura été leur seul et unique monde ainsi que celui de leurs parents et de leurs grands parents qui voulaient chausser la planète
    Marie

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  4. cet article m'a beaucoup intéressée....il faut dire qu'il est bien rédigé comme d'hab et des photos toujours très éloquentes...on se croirait dans un film ou dans un roman.....vraiment bien joué Claude .....merci .... Bonne journée....j'ai rectifié mon lien sur mon blog....A très vite

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  5. Bonjour Claude,
    J'avais déjà entendu parler de cette usine où tous les travailleurs vivaient dans la même ville que leur employeur avait créer pour eux... Ce n'était pas si mal que ça..
    Bon lundi, bons baisers
    Lucette

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  6. Article hyper intérressant Claude ! sur une époque et un modèle industriel.
    Passes une bonne semaine
    Bises
    Nadine

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  7. bonjour
    Je cherche l'endroit où l'on peut s'inscrire à ta news letter.

    Bonne journée
    cordialement
    Denise

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Claude